LA FRAGILIDAD DE MI MEMORIA

HILVANANDO RECUERDOS Y RETAZOS AZULES

HILVANANDO RECUERDOS Y RETAZOS AZULES de la serie “La fragilidad de la memoria”.

En esta obra reflexiono sobre la fragilidad de la memoria que se manifiesta en estrecha relación entre recuerdo y olvido en la evocación de los recuerdos. Todo acto de memoria es una invención, es difícil registrar los recuerdos como algo concreto pues el olvido y la confusión de los detalles son inevitables. El poder de la imagen es comprender que ella no solo une sino que construye, repara, hilvana retazos de nuestra memoria, hace visible lo invisible evocando el recuerdo a la vez que ficciona el pasado. La reconstrucción es entonces una ficción, una historia que es personal, familiar y colectiva que conlleva una ilusión.

Una caja de recuerdos atesora fragmentos de vida que al hilvanarlos nos permiten reconstruir la trama del pasado y traerlo al momento presente. Una caja de mi abuela donde guardo pequeños objetos desperto el recuerdo de momentos compartidos en el ambito de lo domestico familiar. Volvi a mi niñez. Me encontre pequeña, sentada en el sillon azul, aprendiendo a coser y tejer de su mano, asi surgio el deseo de hilvanar recuerdos de la urdimbre familiar.

A veces, la memoria se activa involuntariamente, a partir de un aroma, de un sabor, que nos transporta en tiempo y espacio como la magdalena de Proust. El escritor en su novela “A la recherche du temps perdu” (1913) al mojar en una taza de té una magdalena, se sumerge en el recuerdo de su niñez. Otras veces, se activa a partir de una imágen, una fotografía que fija un momento para siempre. Walter Benjamin dice que “los procedimientos fundados en la cámara fotográfica y en los mecanismos análogos que la siguieron amplían el ámbito de la mémoire involontaire, la hacen posible en la medida que una máquina permite fijar un acontecimiento, visual y sonoramente, en la ocasión en que se desee”. La fotografía es ante todo un registro de algo que pasó, un medio de conservar un recuerdo en imágenes.

En este proyecto, presento un conjunto de objetos, cajas de recuerdos, realizadas en cerámica y gráfica, con aplicación de calcos serigráficos y cianotipias. En su interior, contienen imágenes que nos invitan a imaginar historias. Propongo un recorrido, siguiendo el hilo de Ariadna, un viaje en el cual, cada uno, enlace sus propios recuerdos para reconstruir la memoria colectiva.

-STITCHING MEMORIES AND BLUE FRAGMENTS
from the series The Fragility of Memory

In this work, I reflect on the fragility of memory, which manifests itself through the close relationship between remembrance and forgetting in the evocation of the past. Every act of memory is an invention; it is difficult to preserve memories as something concrete, since forgetting and the confusion of details are inevitable. The power of the image lies in understanding that it not only connects but also constructs, repairs, and stitches together fragments of our memory. It makes the invisible visible, evoking remembrance while simultaneously fictionalizing the past. Reconstruction thus becomes a fiction: a personal, familial, and collective story sustained by illusion.

A box of memories preserves fragments of life that, when stitched together, allow us to reconstruct the fabric of the past and bring it into the present moment. A box that belonged to my grandmother, where I keep small objects, awakened memories of moments shared within the domestic sphere of family life. I returned to my childhood. I found myself once again sitting in the blue armchair, learning to sew and knit by her side, and from that memory emerged the desire to stitch together the threads of family history.

At times, memory is activated involuntarily through a scent or a taste that transports us across time and space, much like Proust’s madeleine. In his novel In Search of Lost Time (1913), the writer dips a madeleine into a cup of tea and is suddenly immersed in memories of his childhood. At other times, memory is triggered by an image, a photograph that fixes a moment forever. Walter Benjamin wrote that “processes based on the photographic camera and analogous mechanisms expand the realm of involuntary memory, making it possible insofar as a machine allows an event to be fixed visually and sonically whenever desired.” Photography is, above all, a record of something that has already happened, a means of preserving memory through images.

In this project, I present a collection of objects—memory boxes—created through ceramics and graphic arts, incorporating silkscreen decals and cyanotypes. Inside, they contain images that invite us to imagine stories. I propose a journey, following Ariadne’s thread, in which each viewer connects their own memories in order to reconstruct a shared collective memory.

RACCOMMODER LES SOUVENIRS ET LES FRAGMENTS BLEUS
de la série La Fragilité de la Mémoire

Dans cette œuvre, je réfléchis à la fragilité de la mémoire, qui se manifeste dans la relation étroite entre souvenir et oubli au moment de l’évocation du passé. Tout acte de mémoire est une invention ; il est difficile de conserver les souvenirs comme quelque chose de concret, car l’oubli et la confusion des détails sont inévitables. Le pouvoir de l’image réside dans le fait qu’elle ne se contente pas de relier, mais qu’elle construit, répare et raccommode les fragments de notre mémoire. Elle rend visible l’invisible, évoquant le souvenir tout en fictionnalisant le passé. La reconstruction devient alors une fiction : une histoire personnelle, familiale et collective portée par une part d’illusion.

Une boîte à souvenirs conserve des fragments de vie qui, une fois assemblés, permettent de reconstruire la trame du passé et de le faire revenir dans le présent. Une boîte ayant appartenu à ma grand-mère, dans laquelle je garde de petits objets, a réveillé le souvenir de moments partagés dans l’univers domestique familial. Je suis retournée à mon enfance. Je me suis retrouvée petite, assise dans le fauteuil bleu, apprenant à coudre et à tricoter à ses côtés. C’est ainsi qu’est né le désir de raccommoder les souvenirs de la trame familiale.

Parfois, la mémoire s’active involontairement à partir d’une odeur ou d’une saveur qui nous transporte dans le temps et l’espace, à la manière de la madeleine de Proust. Dans À la recherche du temps perdu (1913), l’écrivain trempe une madeleine dans une tasse de thé et se retrouve plongé dans les souvenirs de son enfance. D’autres fois, la mémoire est réveillée par une image, une photographie qui fixe un instant pour toujours. Walter Benjamin écrit que « les procédés fondés sur l’appareil photographique et les mécanismes analogues qui lui ont succédé élargissent le domaine de la mémoire involontaire et la rendent possible dans la mesure où une machine permet de fixer un événement visuellement et sonorement à volonté ». La photographie est avant tout l’enregistrement de quelque chose qui a eu lieu, un moyen de conserver un souvenir sous forme d’image.

Dans ce projet, je présente un ensemble d’objets — des boîtes à souvenirs — réalisés en céramique et en arts graphiques, intégrant des décalcomanies sérigraphiques et des cyanotypes. À l’intérieur, elles contiennent des images qui nous invitent à imaginer des histoires. Je propose un parcours, en suivant le fil d’Ariane, un voyage dans lequel chacun peut relier ses propres souvenirs afin de reconstruire une mémoire collective.

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Gabriela Fernández Madero
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